Numéro 50 Juillet  2020

L’étroite imbrication des peuples et des cultures

Philippe Lazar

Résumé

Compte tenu des brassages de populations, des mouvement migratoires massifs qui ont progressivement structuré l’humanité telle que nous la connaissons aujourd’hui, il serait très contestable de continuer à ne se représenter implicitement les peuples que comme des regroupements de personnes physiques appartenant à des entités parfaitement distinctes. On peut aujourd’hui, de façon beaucoup plus réaliste, définir conceptuellement un peuple comme une entité historique et culturelle et non plus comme une collection particulière d’individus. Un peuple existe désormais d’abord en ce sens même si, pour survivre, il doit nécessairement continuer pour une part à s’incarner. Il le fait alors au travers de « passeurs », c’est-à-dire de personnes qui se sentent responsables d’en assurer la mémoire, la continuité historique et a transmission de tout cela aux futures générations ; de personnes qui considèrent « lui appartenir ». Mais un peuple ne saurait se réduire à eux. En tant que tels, les peuples existent au travers de leurs passeurs mais aussi au travers de la représentation qu’ont d’eux tous ceux qui n’en font pas personnellement partie. Porteurs des spécificités historiques et culturelles engendrées par leur passé et par la façon de se le remémorer et de le mettre en valeur, les peuples pourraient devenir les artisans d’un enrichissement majeur non seulement des États dans lesquels vivent une fraction de leurs passeurs mais, plus généralement, en tant que biens communs de l’humanité, de la communauté humaine tout entière.

Thèmes abordés dans l’article

Institutions politiques, Appartenances

© 2019-2020 Diasporiques