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Le numéro 54  de juillet 2021 est disponible sur ce site 

   Certains écrivains deviennent des mythes : le public les connaît et les reconnaît, parfois même sans les avoir lus ;: ils cristallisent un temps, synthétisent des invariants, résument le progrès, donnent un langage à ce qui n’en avait pas, engendrent des descendants. Perec est de ceux-là : les vingt dernières années viennent de le consacrer comme classique de la littérature française moderne ; un public élargi, bien plus vaste qu’un lectorat, en a fait un mythe. Qui ne connaît aujourd’hui sa photo au chat sur l’épaule et sa tignasse en auréole, n’a entendu parler de La Disparition, ce roman sans « e », n’a jamais rencontré un titre décalqué de La Vie mode d’emploi, d’Espèces d’espaces, de Penser / Classer ?

   Jean-Luc Joly, président de l’association Georges Perec, risque une hypothèse explicative : si Perec nous est devenu à ce point indispensable, n’est-ce pas d’abord parce que son œuvre, écrite, on le sait, contre la disparition, le vide, la mort et le chaos, est d’abord et avant tout, par son inlassable labeur de sauvegarde des traces, d’affirmation du souvenir, ses entreprises d’inventaires, d’épuisements, de recherche de totalités, une œuvre de résilience, de renaissance, d’affirmation rare aujourd’hui des « pouvoirs de l’écriture » ? « L’écriture est le souvenir de leur mort et l’affirmation de ma vie ».

Coll. Paulette Perec

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