Numéro 56
Janvier 2022

Ne faut-il pas redéfinir le concept de souveraineté ? 

Philippe Lazar

Résumé

La France a accepté de longue date, de facto et pour partie de jure, de ne plus être souveraine au sens plein du terme, et cela non seulement du fait des contraintes mondiales mais aussi de son plein gré en décidant, par étapes successives, de partager nombre de ses pouvoirs avec ses voisins européens. Elle a notamment accepté que les directives de l’Union européenne puissent l’emporter sur ses propres lois et, avec aujourd’hui la plupart des États-membres, elle a renoncé à l’un des privilèges régaliens suprêmes, celui de battre monnaie.

L’actuelle présidence française de l’Union européenne nous offre la possibilité d’une réflexion de fond sur la façon d’articuler les pouvoirs spécifiques et complémentaires de l’Union européenne et des États-membres dans leur organisation subsidiaire. Le président de la République française a lui-même évoqué l’idée que l’Union européenne pourrait elle-même être détentrice « d’une part » de souveraineté. Une idée explicitement partagée par le nouveau Chancelier allemand Olaf Scholtz. Le moment pourrait donc être venu de prendre acte de l’évolution du sens du mot souveraineté et de faire un nouveau pas dans la construction de l’Union européenne en renonçant formellement au caractère absolu de la souveraineté de chacun de ses États-membres.

Thèmes abordés dans l’article

Nationalisme, Institutions politiques, Union européenne