Numéro 48 Janvier  2020
La France serait-elle tentée de redevenir la fille aînée de l’Église ?
Philippe Portier

Résumé

Philippe Portier nous confie un article très éclairant sur la recomposition du nationalisme français sur la base d’une exaltation des « racines chrétiennes » de la France. Comment analyser cette expansion du discours de l’identité chrétienne, qui va même jusqu’à toucher aujourd’hui le juge administratif lorsqu’il autorise, sous certaines conditions, l’installation de crèches de la nativité sur la voie publique en raison de leur épaisseur culturelle ? Elle est sans doute le produit d’un certain esprit du temps, celui d’une ultramodernité qui, afin de faire pièce aux incohérences sociales nées de l’incertitude engendrée par l’individualisation et la globalisation de nos conditions d’existence, s’efforce de reconstituer une forme d’unité en recomposant le lien social autour d’un imaginaire de l’enracinement. Le succès des œuvres de Hannah Arendt ou de Simone Weil témoigne de cette transformation : en sa première figure, la modernité nous incitait à nous projeter dans l’avenir ; en sa version présente, elle nous incline bien plutôt à retrouver une mémoire.

Thèmes abordés dans l’article

Arts et lettres, Convictions, Droits de l’Homme, Laïcité, Nationalisme

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