Numéro 57
Avril 2022

Toyen, l'écart absolu, présentation de l'exposition

La Rédaction

Résumé

 

Le musée d’Art Moderne de Paris présente jusqu’au 24 juillet une exposition des œuvres de Toyen, qu’il faut absolument aller voir[1]. Elle est doublement passionnante. Ces œuvres sont à la fois singulièrement troublantes et profondément attachantes : le regard radicalement « différent » que Toyen jette sur le monde surprend fortement au premier abord mais très vite s’impose, irrésistiblement. Et l’événement exceptionnel qu’est leur présentation si longtemps attendue permet aussi à ceux qui ne connaissent pas encore son auteur de découvrir ce que fut la vie exemplaire de cette femme engagée, aspirant foncièrement à l’expression de sa liberté, luttant depuis sa prime jeunesse contre toutes les contraintes familiales, culturelles, sociales ou politiques tendant à la limiter. Ce qu’elle peint ne ressemble à rien d’autre : ce n’est ni du figuratif ni de l’abstrait, c’est en permanence un je ne sais quoi d’essentiel, qui présente une perceptible parenté d’un tableau à l’autre tout en étant radicalement différent, à l’image de ce que nous pouvons nous-mêmes ressentir à chaque instant de notre vie dans la continuité mais aussi l’extrême diversité de son déroulement. Une succession de chocs que Toyen subit, qu’elle intériorise, qu’elle sublime, qu’elle renvoie, qu’elle impose.

 

[1] 11 avenue du Président Wilson, 75116 Paris. Commissaire de l’exposition : Annie Le Brun.

Thèmes abordés dans l’article

Engagements, Union européenne, Arts et Lettes