Numéro 55
Octobre 2021

La capacité d’un pays à emprunter dépend étroitement de la confiance des épargnants en sa solvabilité

Jean-Claude Trichet

Résumé

Dans ce nouvel entretien semestriel, Jean-Claude Trichet revient sur la question de la dette et de son remboursement, telle qu’elle est posée par le fameux « quoi qu’il en coûte ». L’idée qu’on pourrait ne pas rembourser les dettes qu’on a contractées est selon lui tout simplement absurde. Que nous puissions aujourd’hui, en France, emprunter à des taux bas (même s’ils sont moins bas que ceux dont bénéficient par exemple les Allemands) résulte de la confiance qu’ont les épargnants en notre pays et donc dans sa capacité de rembourser ce qu’on lui prête. On perdrait leur confiance en n’honorant pas nos dettes et cela conduirait inévitablement à l’impossibilité de recourir à l’avenir à leurs services. Il faut donc que nous fassions preuve de sagesse à la fois dans les emprunts que nous contractons, dans la gestion des budgets publics, et bien sûr dans le remboursement de ce que nous avons emprunté.

Jean-Claude Trichet, à propos des contraintes institutionnelles spécifiques à notre pays, fort différentes de celles des autres pays de l’Union européenne, n’est pas convaincu par les modifications successives introduites dans la Constitution de 1958 mais conseille néanmoins « de faire le meilleur usage de cette Constitution sans  prétendre la changer en permanence » .

Thèmes abordés dans l’article

Démocratie, Institutions politiques, Union européenne