Numéro 52
Janvier 2021

Faut-il continuer à se laisser fasciner par le mot nation ?

Ont pris part à ce débat :
Monique Chemillier-Gendreau, Philippe Lazar, Bernard Quelquejeu

Résumé

Ce débat porte sur la complémentarité des trois formes d’expression des collectivités humaines que sont les Nations, les États et les peuples. La pandémie de Covid-19 n'a pas permis de l’organiser sous forme d'une réunion mais les trois participants ont eu des échanges par écrit, présentés ici sous forme d’un dialogue entre eux, en trois parties.

La première partie concerne ce qu'on peut entendre par nation depuis qu'Ernest Renan en a proposé une définition, longtemps acceptée mais désormais contestée dans sa lettre mais aussi dans sa légitimité. Sont évoquées à ce propos les ambiguïtés de cette définition au regard de celles de mots peuple et État.

La deuxième partie traite de l'émergence du concept d'État-nation, s'interroge sur la raison d'être de l'association de ces deux mots, le second élargissant les aspects territoriaux et fonctionnels d'un État à ses dimensions historiques et culturelles mais en lui conférant une unité contestable au regard de la diversité des peuples qui en constituent le tissu.

La troisième partie exprime ce que chacun des participants retient pour l'avenir en termes de projection de leurs échanges. Bernard Quelquejeu se demande si l'on ne pourrait pas étendre à l'échelle européenne (voire mondiale) l'esprit de la définition de l'État par Renan; Monique Chemillier-Gendreau pense qu'une étape utile vers la constitution d'une communauté politique mondiale serait que les États acceptent de se définir comme multinationaux; Philippe Lazar suggère qu'on débatte de l'intérêt qu'il y aurait à substituer au concept d'État-nation celui d'État-peuples.

Thèmes abordés dans l’article

Nationalisme, Institutions politique, Nations Unies, Appartenances, Droits de l'Homme