Numéro 50 Juillet  2020

La conviction, nature et genèse

Bernard Quelquejeu

Résumé

Une conviction n’est ni un  préjugé ni une opinion ; en première approximation on  peut la définir comme « un assentiment de l’esprit tout entier consistant à tenir pour vraie une affirmation, un assentiment appuyé sur des justifications jugées suffisantes pour entraîner l’adhésion », tous qualificatifs dont le sens doit être précisé, ce qui est l’objet de ce texte. En fait, le seul espace dans lequel une conviction peut réellement se forger de façon conforme à ce qu’elle doit être, c’est-à-dire en particulier le contraire d’un préjugé dépourvu par nature de toute analyse critique, est celui des confrontations avec d’autres convictions, elles-mêmes pour partie établies mais également en reconstruction permanente. Hors de cet espace, une conviction ne peut que se durcir, se dénaturer, se pervertir. Avant même d’être une nécessité de la vie collective et une condition de l’action politique menée au sein de sociétés pluralistes, la confrontation avec les autres convictions est un milieu essentiel de vérification, de sauvegarde et d’enrichissement des convictions individuelles. Il existe donc une relation dialectique forte entre les concepts de conviction et d’interconvitionnalité : l’un ne va pas sans l’autre.

Thèmes abordés dans l’article

Convictions, Engagements

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