Numéro 50 Juillet  2020

La diversité culturelle, un fait  et un défi

Bernard Quelquejeu

Résumé

Comment les sociétés européennes, au cours de ces dernières décennies, ont-elles géré les rivalités voire les violences suscitées par leur diversité interne ? En commençant par promouvoir les concepts d’insertion puis d’intégration préférentiellement à celui d’acculturation-assimilation ; en étant parois temporairement tentées (comme au Royaume-Uni) par celui du multiculturalisme ; en choisissant enfin une démarche de nature interculturelle. C’est-à-dire en privilégiant les échanges permettant d’amener les personnes et les groupes sociaux d’origines et de traditions culturelles, religieuses et linguistiques diverses à mieux se connaître et à mieux se comprendre, à se reconnaître mutuellement dans leurs différences, – et cela dans un double objectif : approfondir pour eux-mêmes leurs identités respectives, leurs solidarités propres, leurs appartenances ; favoriser leur intégration économique, sociale, politique, culturelle, et par là établir (ou rétablir) la paix et la cohésion sociales au sein de sociétés diversifiées.

Encore faut-il qu’à cette fin tous adhèrent à un ensemble de valeurs et d’institutions sans lesquelles la société se désagrégerait. Or le choix et la mise en œuvre effective de ces valeurs et de ces institutions est loin d’aller de soi. Passer de la théorie à la praxis implique obligatoirement de prendre appui sur des débats permettant de confronter des convictions différentes dans un esprit de respect et de compréhension mutuels. Sans volonté d’énoncer une « vérité » qui s’imposerait comme dominante.  C’est bien là le sens que nous donnons au concept d’interconvictionnalité.

Thèmes abordés dans l’article

Démocratie, Convictions, Union européenne

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