Numéro 48 | Janvier 2020
Droits de l’Homme et droits de l’animal : continuité ou discontinuité ?
Pierre-Jérôme Delage

Résumé

En vue d’une suite qui s’imposait aux trois articles consacrés par la revue à l’abattage des animaux de consommation, nous avons demandé à un juriste de nous éclairer sur sa vision » des « droits de l’animal » en termes de « droit ». Je ne suis pas certain dit-il qu’accorder des droits aux animaux soit utile dès lors que la démonstration est déjà faite que l’on peut faire beaucoup en leur faveur sans avoir besoin de bousculer tout l’ordonnancement juridique. Et d’ajouter : cette position est moins simplificatrice et « vendeuse » que d’autres, qui jouent sur l’ignorance par les « profanes » de nombre de réalités juridiques et qui prétendent que toute amélioration de la condition des animaux ne peut passer que par la reconnaissance de leurs « droits ». Mais je crains qu’aller dans cette direction, certes dans l’air du temps, n’apporte rien de plus aux animaux que la prise de conscience de ce que nous pouvons faire à leur égard avec les outils dont nous disposons déjà. Et l’on peut même ajouter que plus on protège les animaux en ayant conscience qu’ils ne sont pas nos égaux (mais qu’ils n’en sont pas moins des êtres qui comptent, et qui comptent beaucoup), plus on prend conscience que l’altruisme implique la reconnaissance et le respect des différences.

Cet entretien, aux yeux de la revue très éclairant, en appelle à un débat sur l’origine de ce qu’on appelle « les droits de l’Homme ».

Thèmes abordés dans l’article

Droits de l’Homme, Justice et droit

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