© Diasporiques
ISSN n° 1276 4248
Mise à jour le 27/10/2008

Dans ce numéro…

Louis Schweitzer donne le ton en se déclarant partisan d’une tolérance zéro en matière de lutte contre les discriminations ; il prolonge en cela les prises de position antérieures de notre revue dont le présent numéro commence par traiter du sort des langues. De celui du yiddish d’abord, qui fut la langue véhiculaire de millions de Juifs comme le rappelle André Kosmicki, avant qu’elle ne disparaisse presque complètement avec eux, mais dont il est de notre devoir de maintenir l’héritage ainsi que le souligne Rachel Ertel. Sophie Simon démonte les mécanismes du rejet en 1999 par le Conseil Constitutionnel de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. Un rejet que ne compense que partiellement la récente réforme constitutionnelle française : elle ne constitue selon Henri Giordan « qu’un pas en avant très ambigu », la reconnaissance des seules langues « régionales » comme éléments du patrimoine de la nation « oubliant » toutes les autres langues d’héritage (dont le yidddish). L’Italie est bien plus audacieuse que la France en la matière montre Giovanni Agresti : elle a pris de fécondes initiatives locales de diversification linguistique.
Diasporiques revient à partir de là à l’ensemble des éléments territoriaux, historiques et culturels constitutifs de l’identité. Dans son entretien avec Anita Weber Daniel Maximin nous explique comment la capacité de réaction des peuples de la Caraïbe à l’oppression des colons et aux cataclysmes naturels leur a conféré une « culture de résistance créatrice ». S’agissant « d’enracinement », Charles Conte met en lumière la différence radicale d’interprétation qu’en donnent Maurice Barrès (le refus de l’autre) et Simone Weil (l’enracinement grâce à l’autre). Suzanne Citron nous invite à replacer délibérément les mots que nous utilisons en la matière dans leur contexte historique. Le territoire peut nous aider à « fabriquer » nos identités montrait Philippe Lazar en ouverture d’une table ronde des premières rencontres nationales sur Culture, territoire et solidarité mais à condition de se défier de tout repli sur lui-même ; Joël Roman tire quant à lui la quintessence de ces rencontres.

 

Nous changeons de registre avec les textes qui suivent. Maurice Mourier nous fait découvrir la « pure poésie » de Claudine Helft, qui a bien voulu nous confier sept poèmes égrenés tout au long de la revue. Anita Weber montre que la territorialisation, heureuse, de la culture, ne s’est pas encore accompagnée d’une véritable politique de soutien à la création artistique. Et Roshdi Rashed nous invite à partir d’un exemple éclairant à réfléchir aux influences interculturelles sur la pensée scientifique.

Diasporiques ne serait plus diasporique s’il n’y était explicitement question de diasporas. Young-Lee Rim-Fuster relève le défi en nous parlant des diasporas coréennes successives et Claude Rosenkovitch nous explique pourquoi il a décidé il y a un demi-siècle d’émigrer en Israël et les questions qu’il se pose aujourd’hui. Et bien sûr notre revue s’intéresse aux autres dans la Revue des revues, animée par Georges Wajs et à ce qui se passe dans le monde grâce à la troisième édition des Chroniques de Charles Conte. Quant aux pages centrales, elles édifient tours de Babel sur tours de Babel, au travers d’un retour sur le mythe et de la construction d’un jeu pour les Diasporikids grâce à Anne-Emmanuelle Lazar, et, last but not least, de l’élaboration d’une pièce montée délicieusement destructible grâce à Sylvie Kuczynski !

 

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