Dans ce numéro
Éric Favey, traitant du Manifeste 2010 de
la Ligue, nous invite à nous inspirer de l’esprit du Programme du Conseil
national de la Résistance dont Stéphane Hesssel nous rappelle la substance.
Le dialogue interculturel est désormais une nécessité vitale, à l’échelle
non seulement de notre pays mais aussi, comme nous le montre Gabriella
Battaino-Dragoni au nom du Conseil de l’Europe, à celle du Vieux-Continent.
Maurice Mourier, poursuivant l’analyse décapante qu’il avait entreprise
dans le précédent numéro de la revue, témoigne néanmoins de son pessimisme
à ce sujet en se demandant où pourrait désormais s’exprimer une pensée
réellement libre.
Sur quelles valeurs peut-on fonder la construction
collective d’une société ? Michel Dreyfus brosse un tableau éclairant
de leur évolution historique dans notre pays ; Robert Fossaert nous
affirme que l’ignorance, pour autant qu’elle soit « savante », peut
être un ferment du progrès et Françoise Lorcerie nous fait part de sa
foi dans des « statistiques ethniques » soigneusement encadrées pour
lutter contre les discriminations. Nous ne quittons pas le domaine des
valeurs, mais cette fois en constatant à quel point celles dans lesquelles
se reconnaissaient nos proches ancêtres pouvaient être destructrices
: destructrices des individus (Antoinette Weil nous raconte comment
« l’hermaphrodite » Herculine/Abel Barbin fut conduit(e) au suicide)
ou des sociétés (Dominique Lejeune nous montre avec quelle facilité
les premières Sociétés de Géographie se convertirent à l’exploitation
coloniale).
De façon cette fois positive, Mario Giubilei
nous dit pourquoi le festival du film arabe de Fameck est devenu un
événement majeur en Lorraine ; Hervé Roten nous fait part de sa passion
pour sauvegarder les musiques juives menacées de disparition ; Évelyne
Roques nous conte comment Paul Delarue sut promouvoir les contes populaires
français. Suivent quatre recensions de livres et l’habituelle Revue
des revues de Georges Wajs ; nos lecteurs devront toutefois patienter
jusqu’au numéro 11 pour retrouver les Chroniques de Charles Conte. Sont
égrenés au fil des pages quatre poèmes de Avrom Stuzkever traduits du
yiddish par Rachel Ertel.
La plus fascinante traversée des frontières est celle, mythique ou réelle, des mers ; Anne-Emmanuelle Lazar en évoque plusieurs épisodes particulièrement marquants, sans oublier d’inviter les Diasporikids à plonger leurs cannes à pêche miraculeuse dans les flots et elle inspire quelques délicieuses recettes au talent de Sylvie Kuczynsky alias Kuisinexkise.